NPA Sud Deux Sèvres
Deux mois avant le sommet de Copenhague, les Etats de l'Union africaine font front commun pour exiger que les pollueurs soient les payeurs.
Un lac asséché dans le sud de la Somalie. (© AFP Laura Melo)
L'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement climatique mondial, a exigé dimanche des «réparations et dédommagements», deux mois avant le sommet sur le climat de Copenhague,
demandant que les pays industrialisés pollueurs soient les payeurs.
Ces «exigences» du continent le moins pollueur mais le plus pauvre du monde interviennent au moment où les négociations internationales sont très laborieuses, voire «dangereusement proches
d'une impasse», comme l'affirme le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
«Pour la première fois, l'Afrique aura une position commune» au sommet de Copenhague, s'est félicité le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping lors de la 7e édition
du Forum mondial pour le développement durable consacré aux changements climatiques.
«On a décidé de parler d'une seule et même voix» et d' «des réparations et des dédommagements», a-t-il ajouté à Ouagadougou, sans toutefois avancer de montant.
Le président du comité d'organisation du Forum, le ministre burkinabè de l'Environnement Salifou Sawadogo, avait estimé vendredi à l'AFP à 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) les
financements nécessaires pour que le continent puisse faire face aux dérèglements du climat.
«Responsabilité historique des pays développés»
«Les responsables doivent s'engager à réduire leur émission de gaz à effet de serre et à répondre aux principes du "pollueur-payeur"», a assuré M. Ping, préconisant la mise en place de
"nouveaux fonds internationaux pour soutenir les pays pauvres".
Il a pris l'exemple de l'Etat du Texas (Etats-Unis) qui, «avec trente millions d'habitants relâche à lui seul autant de CO2 que le milliard d'Africains réunis». Mais il n'a pas cité la
Chine, l'autre grand pollueur de la planète.
Tout en soulignant la «responsabilité historique des pays développés», il a indiqué que les pays africains «se proposent d'intégrer le changement climatique dans le développement
économique», sans toutefois avancer des engagements fermes et initiatives concrètes.
Marginalisée dans l'économie mondiale, l'Afrique l'est également sur le marché carbone, qui consiste à financer une action «verte» dans un pays du Sud pour «racheter» une pollution au Nord.
Selon le responsable de l'UA, sur 1.600 projets dans le monde, seuls 30 sont africains, dont 15 en Afrique du Sud, première puissance économique du continent.
Chirac «résolument» contre
Comme l'a souligné le président burkinabè, Blaise Compaoré, «les difficultés majeures à surmonter sont celles liées à l'inexistence de mécanismes efficaces de financement et de
transfert». Il envisage donc «dès 2010» de convoquer des «assises financières africaines» à ce sujet.
L'ex-président français Jacques Chirac s'est «résolument» prononcé «contre l'idée d'une compensation globale où l'Afrique serait dédommagée pour ne plus toucher à ses forêts, pour
geler sa consommation d'éngergie et renoncer à son industrialisation».
Six présidents africains (Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Congo, Mali et Togo), ont assisté au forum, la dernière réunion continentale au niveau des chef d'Etat avant le sommet de
Copenhague. Une quinzaine avait été initialement annoncée.
«La seule position commune de l'Afrique, c'est de demander de l'argent au Nord», estime un peu amer un expert occidental sous couvert de l'anonymat. Mais, avant d'ouvrir les mannes
financières en pleine crise économique mondiale, «le Nord leur répond: "montrez-nous d'abord vos projets"».
(Source AFP)