Mardi 24 novembre 2009
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Sylvain Lapoix - Marianne
Alimentées par les crédits à «taux zéro» de la réserve fédérale américaine, les grandes banques spéculent en Asie... construisant une bulle qui, selon les autorités chinoises et allemandes,
pourrait bien précipiter l'économie mondiale toute entière dans une nouvelle crise !
Aux Etats-Unis, on prête gratis ! Depuis mars dernier, où la Réserve fédéral a ramené ses taux jusqu'à presque atteindre zéro, les
grandes banques déversent des milliards de milliards de dollars dans les économies asiatiques. Résultat : les monnaies et bourses de la région connaissent une croissance exponentielle... et
totalement artificielle ! Une nouvelle «bulle asiatique» se forme et menace déjà de craquer.
«Une menace pour la reprise des économies des pays émergents»
Une inquiétude partagée par les Européens
Ben Bernanke croyait réussir à calmer les turbulents asiatiques d'une petite déclaration publique : «nous portons la plus
grande attention aux conséquences de taux de change sur les prix, assurait le patron de la Réserve fédéral
américaine. Nous continuerons de veiller à tenir notre mission d'assurer le plein emploi et la stabilité des
prix.» Manque de chance, les Européens aussi commencent à s'inquiéter.
Samedi 21 novembre, le Financial Times rapportait les inquiétudes du très expérimenté ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble : «le scénario d'un excès de liquidité
créé à l'échelle de la planète une nouvelle espèce de bulle spéculative est très probable.» Or, l'Allemagne ne s'inquiète pas ici de la déstabilisation des économies asiatiques : si le
mouvement enclenché continuait, l'Europe et son euro gonflé à bloc serait la prochaine victime de cette bulle !
A l'Etat fédéral, Goldman Sachs et ses 17 milliards de dollars de bonus reconnaissants !
A qui profite la spéculation ? A personne... sinon aux grandes banques ! Elles seules, ayant accès aux crédits de la Réserve
fédérale peuvent se permettre, en usant du «carry trade» consistant à emprunter à taux zéro pour revendre ensuite au plus haut les placements effectués dans les monnaies cibles des
marchés émergents profitables et de toucher les dividendes de ces opérations. De quoi constituer de beaux résultats pour Goldman Sachs qui, au bout de 9 mois d'activité
seulement pourra verser 17 milliards de dollars de bonus à ses salariés.
Une jolie enveloppe accompagnée cette semaine des piètres excuses de Lloyd Blankfein, patron de l'omnipotente banque new-yorkaise, qui s'est excusé d'avoir accepté le sauvetage de son entreprise par l'Etat fédéral. Un bon
coup de com mais qui n'efface pas le coup de force : sous prétexte d'avoir besoin de cash pour relancer le crédit, les banques ont repris leurs bonnes vieilles habitudes de chercher les
profits faciles sans se soucier de couler au passage l'intégralité de l'économie.
Par NPA Sud Deux Sèvres
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Publié dans : C'EST LA CRISE !$!
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