Partager l'article ! Le coup de '' blues '' des salariés de la Macif: Matthieu Le Gall - La Nouvelle République Mercredi, environ 150 salarié ...
Pour les syndicats et certains salariés, une « bataille d'image » s'est engagée : d'un côté, une direction rassurante qui affirme son attachement aux
valeurs mutualistes ; de l'autre, des représentants du personnel qui insistent, unanimes : « Non. Tout ne va pas bien à la Macif. La réalité démontre le contraire, il est grand temps de le
dire. » Mardi matin, ils étaient environ 150, essentiellement des salariés de « Macif Ile-de-France » - l'une des sections du groupe, installée en partie à Niort - réunis en assemblée
générale dans la cafétéria de l'entreprise. A leurs côtés, des syndicats unis (*).
'' On vit déjà à flux tendu ''
« S'entendre dire qu'on n'a qu'à aller voir ailleurs si on n'est pas content, ou que nous serions les '' dommages collatéraux '' d'une politique '' assumée ''
par la direction, ce discours ambiant est totalement inacceptable, confie Josette Lemer élue CFDT au CE. Les objectifs fixés sont irréalistes et imposés de manière autoritaire. »
Des mots qui font écho à ceux de son homologue de la CGT Macif Ile-de-France, Fabrice Kalifa. Sa cible ? AMPERE, pour Améliorations des performances régionales. Ce plan, selon lui, passerait
les salariés à la moulinette, invoquant la nécessité d'économies et d'une réorganisation interne dans laquelle s'impose la polyvalence : « Les départs en retraite ne sont pas remplacés. Il
s'agit de passer, pour Macif Ile-de-France, de 1.150 à 1.000 salariés. On vit déjà à flux tendu. Ça va à l'encontre de l'amélioration du service rendu à nos sociétaires, et à nos conditions de
travail. »
Or, c'est sur ce dernier point que les représentants syndicaux tirent la sonnette d'alarme : stress, dépressions et arrêts maladie sont en augmentation, disent-ils. « Cette souffrance a
longtemps été niée, confie Fabrice Kalifa. Nous ne sommes pas dans la situation d'Orange, mais on est en train d'y arriver gentiment. » La NR a tenté, sans succès, d'interroger la
direction du groupe mutualiste.
Autour des tables de la cafétéria, quelques minutes avant d'aller, symboliquement, marcher sur l'avenue de La Rochelle, certains grévistes ont fait part de leurs inquiétudes (lire ci-dessous).
Tous aspirent à une certaine « sérénité » au travail, nécessaire « pour avoir le sentiment que l'on est utile ».
(*) La mobilisation est soutenue, dans les Deux-Sèvres, par la CGT, la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC, et Force ouvrière. A l'échelle nationale, en revanche, l'union n'existe
pas.
La question
Grève à la Macif : comment réagit-on à la MAIF ?
Conditions de travail dégradées, augmentations de salaires insuffisantes, nous faisons les mêmes constats, répond Alain Proust, délégué FO à la MAIF. « On nous a toujours présentés comme des
nantis, dans les mutuelles. Mais il y a eu un virage complet ces dernières années. » Les syndicalistes des deux mutuelles partagent, en outre, des inquiétudes communes sur la SFEREN, géant née
de l'alliance de la MAIF, de la Macif et de la Matmut (la NR du 10 décembre 2009). « Sans être alarmiste et crier au loup avant d'avoir été mordu, il y a des inquiétudes à avoir, affirme Loïc
Tabeaud, de la CGT. Le directeur de la SFEREN, recruté il y a quinze jours, s'est auparavant occupé de la fusion entre la Banque populaire et la Caisse d'épargne... »
Le chiffre : 40
C'est, selon les syndicats, le nombre de sites Macitel parisiens (sur un total de 50), fermés pour cause de grève mercredi. La délégation parisienne a été reçue par Pierre Lebreton, directeur
régional adjoint. Les deux parties se sont mises d'accord sur la tenue prochaine d'une réunion paritaire. Une intersyndicale se tiendra le 20 mai, à 14 heures, à Paris.
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