Partager l'article ! Ces travailleurs sans-papiers qui refont les quais de métro la nuit: FranceInfo Dix-huit mois après le lancement d’une vaste grève, ...
Le piquet de grève, avant son évacuation, au dépôt RATP de la rue Championnet à Paris
© RF/Cécile Quéguiner
Pour lancer la "phase II" du mouvement des travailleurs sans-papiers, syndicats et associations ont convié hier symboliquement les
journalistes dans un dépôt RATP du 18ème arrondissement de Paris.
Là, un piquet de grève posé depuis le matin même : 23 intérimaires travaillant pour un sous-traitant de la RATP, la société Asten, ont décidé d’établir dans
le parking, sous deux tentes, leur campement !
Ce sont ces hommes, venant tous d’Afrique de l’Ouest, qui de nuit défont et refont les quais du métro parisien. "Pendant des heures d’affilée", ils racontent "casser le bitume du quai, remonter à la surface des plaques de plus de 50 kg sur leurs épaules ou leur tête, puis
redescendre sous terre des seaux de goudron bouillant".
Le tout, "sans pause, sans le casque de rigueur, sans chaussures de sécurité, sans masque... et sans jamais une visite médicale !" Car
aucun, dans l’équipe, jurent-ils, n’a de papiers.
Ce piquet de grève n’aura pas duré une nuit. Dès hier soir, les grévistes et militants CGT qui les accompagnaient ont été évacués par les CRS.
Mais ils n’entendent pas en rester là ! Prétextant tourner des images souvenirs "pour les envoyer au bled", ils ont filmé leurs conditions de
travail "dignes du XIXème siècle".
Un des sans-papiers exhibe ses brûlures
Des conditions de travail difficiles, sans aucune protection sociale, alors que ces travailleurs cotisent, payent des impôts et peuvent même produire des fiches de salaire, émanant des trois agences d’intérim qui les emploient au jour le jour (Adecco, Crit et Synergie).
Dans un communiqué hier, la RATP a déclaré qu’"à sa connaissance, aucun salarié travaillant sur ses sites n’était en situation irrégulière". La RATP qui précise tout de même qu’elle vient de demander des explications à Asten, son sous-traitant.
Pour un site évacué, ce sont plus de 35 autres qui sont encore occupés ce mercredi. Soit environ 2.000 travailleurs sans-papiers en Ile-de-France, soutenus par plusieurs syndicats (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa) et associations (Cimade, Ligue des Droits de l’homme, RESF, Femmes Égalité, Autremonde, Droits devant).
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