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Par LILIAN ALEMAGNA- Libération
Attention au grignotage à gauche. A sept mois des régionales, le PCF, le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et le Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot (NPA) n’ont pas
renoncé à former des listes d’union dès le premier tour. Mais après un round de rencontres bilatérales en début d’été et avant une reprise des «discussions» à la rentrée, le ménage à
trois de «l’autre gauche» est encore loin d’être entériné.
En 2004, les communistes avaient contracté des alliances à géométrie variable avec les socialistes : dans 15 régions sur 22, le PCF avait fait l’union dès le premier tour avec le PS.
«Fusions».Les 6 % obtenus aux européennes de juin, en tandem avec le PG sous la bannière du Front de gauche, ont changé la donne. La direction du PCF a pris goût à l’autonomie vis-à-vis du PS et souhaite «élargir le Front de gauche, explique l’un des porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, constituer des fronts larges et marquer le plus de points possibles». Les communistes et les camarades de Mélenchon ont vite fait le calcul : avec les voix du NPA (4,9 % en juin), le Front de gauche vise la barre des 10 % dans certaines régions pour pouvoir se maintenir au second tour. «Repartir séparés, ce serait rater une occasion pour la gauche», confirme Eric Coquerel, du PG. Mais l’affaire est loin d’être bouclée. Le NPA est, certes, d’accord pour le «rassemblement au premier tour sur un programme antidroite» et sur celui de «fusions techniques» avec les listes PS (hors Modem) «pour battre la droite». Problème : Besancenot et les siens posent comme condition la non-participation dans les majorités socialistes pour tout le monde, y compris les communistes. «Ce serait se moquer des électeurs que de concocter entre les deux tours un programme de gestion des régions avec les socialistes», argue Pierre-François Grond (NPA). «Il serait stupide de dire : "Plus jamais rien avec le PS"», répond l’autre porte-parole du PCF, Patrice Bessac, qui précise : «Ça dépend aussi avec qui et pour quoi faire.» On serait alors plus proche d’un remake des européennes que d’une alliance réussie…
Stratégies. Mais au sein du PCF, pas sûr que tous les militants (qui décideront région par région, à l’automne) suivent le souhait de la direction. Plus de 180 conseillers régionaux, une quarantaine de vice-présidents… «Certains sortants peuvent vouloir partir dès le premier tour avec le PS», convient Marie-Pierre Vieu, vice-présidente en Midi-Pyrénées. «Tout dépend aussi des choix que va faire le PS», souligne François Delapierre, au PG. Une alliance des socialistes avec le Modem pourrait alors rapprocher les stratégies du PCF, du PG et du NPA.
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