Par Anne-Sophie Ladonne - l'express
Plus aucune commune ne se porte candidate au projet d'implantation d'un centre d'enfouissement de déchets nucléaires en France. La réaction de Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du Nucléaire.
Que pensez-vous du retrait de la candidature de la commune d'Auxon?
C'est une bonne chose. Il ne reste plus aucun candidat prêt à répondre aux offres utopiques de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactif. Il faut arrêter de penser qu'en enfouissant des déchets dans des zones "sécurisées", les problèmes du nucléaire seront réglés. A titre d'exemple, dans les années 1980, un site avait été créé dans une ancienne mine de sel à Asse en Allemagne. Aujourd'hui, c'est une catastrophe nucléaire: le site, mal sécurisé, pollue les terres et nappes phréatiques des alentours.
AFP/MARCO LONGARI
Stephane Lhomme, porte parole du réseau Sortir du nucléaire.
Que préconisez-vous en matière de stockage des déchets?
Il n'y a pas de solution, que des options... de mauvaises options. Mais, pour nous, l'enfouissement est la pire de toutes. Cette méthode ne fera pas disparaître les déchets comme par magie, et tôt ou tard, ça se finira en carnage. De manière générale, nous souhaitons l'arrêt de la production de déchets nucléaires. C'est pourquoi nous refusons de nous asseoir autour d'une table et de chercher des solutions car, sinon, la production de déchets continuera. Grâce à l'acharnement des associations américaines, le projet de site d'enfouissement de UK Mountain a été annulé par Barack Obama. Une initiative qui a porté ses fruits puisqu'il n'y a plus de site de ce genre aux Etats-Unis.
De manière générale, que pensez-vous de la situation nucléaire en France?
Globalement, le réseau Sortir du nucléaire est plutôt optimiste. Alors que le monde se trouve face à un fort effet d'annonce, on constate que depuis le début de la crise économique il y a de plus en plus d'annulations. L'industrie nucléaire est un gouffre financier, et la crise économique amorce son déclin. Bien sûr, il reste encore 58 réacteurs nucléaires en France, plus un en construction, mais il est peu probable d'assister à de nouvelles constructions. Cette tendance nous rassure, bien que nous soyons toujours exposés aux déchets et bien entendu aux risques de catastrophes.
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