Partager l'article ! Moins de tout et plus de cogitation pour les objecteurs de croissance: Escargot. Réunion d’été des partisans de la décroissance qui songent ...
NOTRE-DAME-DES-LANDES, envoyée spéciale LAURE NOUALHAT
Après la croissance de la médiatisation de la décroissance, la croissance de la réflexion quant à l’avenir politique de ce mouvement. Comment le structurer ? Les objecteurs de croissance doivent-ils se présenter aux régionales ? Autant de questions qui ont animé le Mouvement des objecteurs de croissance (MOC), réuni cette semaine à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), dans le cadre de la Semaine de la résistance. Cela a probablement échappé au plus grand nombre mais les objecteurs de croissance se sont présentés aux élections européennes. Leur idée force ? La quête de la croissance infinie est impossible sur une planète dont les ressources naturelles sont limitées. En conséquence, l’harmonie sociale passe par un vivre mieux avec moins de tout (de profit, de pollution, de biens matériels, de travail).
Nanisme. D’après Christian Sunt, un de leurs représentants, environ 6 000 personnes ont imprimé leur bulletin de vote avant de le glisser dans une urne. Depuis cette expérience de nanisme politique, les objecteurs de croissance (OC) envisagent de passer à la vitesse supérieure et de se présenter aux régionales. Mais le groupe manque de moyens et de bras. «Il faut au moins une vingtaine de noms par région, pas sûr que nous les trouvions», confesse Thierry Brulavoine, élu à Saint-Nazaire (lire ci-contre).
La question, en tout cas, agite le chapiteau sous lequel une centaine d’OC se réunissent quotidiennement. Faut-il céder à la logique partidaire ? Nouer des alliances avec le Front de gauche ? Comment construire un programme commun ? «Comment faire travailler les syndicats et les écolos lorsque des licenciements massifs touchent l’industrie automobile ? Les premiers veulent défendre des emplois, les seconds sortir de l’ère automobile», interroge Vincent Liégey, un porte-parole du mouvement.
Courants. Pour certains, l’alliance est la seule condition pour diffuser leurs idées. «Pour les régionales, faut-il se présenter sous la bannière
baveuse de la décroissance [leur mascotte est un escargot, ndlr] ou s’allier à d’autres auxquels nous apporterons quelques idées fortes ?» interroge une participante. D’autres
préfèrent avancer seuls. Mais il n’y a pas de consensus sur le sujet. «Avec trois objecteurs de croissance, nous pouvons déjà répertorier sept courants !» ironise Colette Dartois,
une éventuelle candidate aux régionales de 2010. Un paradoxe que l’escargot se doit de résoudre en avançant. Un peu plus vite, peut-être.
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