Vous êtes très nombreux à avoir été choqués par les suites policières données à l'affaire de la vidéo de « Sarkozy off », et beaucoup d'entre vous nous ont fait part de leur soutien à travers des messages chaleureux. Nous reproduisons ci-dessous ceux de quelques confrères ou personnalités. La liste sera allongée dans les jours qui viennent.
Mercredi, Pierre Haski (directeur de la publication de Rue89) et Augustin Scalbert (journaliste spécialiste des médias) seront entendus par la police judiciaire, le même jour que deux autres journalistes de France3.
L'objet du prétendu délit : avoir donné une information au public, en s'appuyant sur un document, une vidéo donc, montrant le président de la République « au naturel » (pestant contre un technicien, tutoyant les journalistes, etc.) pendant les quelques minutes qui ont précédé une interview télévisée au « 19/20 », sur France3. (Voir la vidéo)
Cette affaire, au départ un peu ridicule, vient alourdir un peu plus l'étrange climat qui pèse sur l'information depuis quelques années, ponctuées par des interpellations de journalistes, des mises en garde à vue, des perquisitions... Il est temps que cela cesse.
Merci à tous ceux qui nous ont adressé des messages de soutien, et particulièrement à nos confrères de France3. Les syndicats de France Télévisions appellent tous ceux qui sont attachés la liberté de la presse à se rassembler mercredi matin, à 9h00, devant la PJ, au 122 rue du Château des Rentiers, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Nous nous associons à leur appel.
Sarkozy en off sur France 3
envoyé par rue89
Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste :
Non à l'ère du soupçon et de la délation. On ne peut qu'être scandalisé de la convocation par la police judiciaire de quatre journalistes, deux de
France3 et deux du site Rue89, dont Pierre Haski, suite à la circulation sur le Net d'une vidéo en off, tournée à l'occasion du passage de Nicolas Sarkozy sur France3 fin juin
2008.Avec raison, les journalistes poursuivis avaient refusé, auparavant, de jouer les délateurs en révélant leurs sources. Cette convocation fait suite à une plainte de la
direction de France3, elle-même, qui met ainsi le bras dans l'engrenage des atteintes à la liberté d'information, ne pouvant qu'alimenter un climat délétère sur la chaîne.Cette
plainte augure bien mal de l'évolution des rapports entre la direction de l'audiovisuel public et la présidence de la République, dans le cadre de la nouvelle loi sur
l'audiovisuel public. Cette convocation fait suite à d'autres affaires comme l'arrestation brutale de l'ancien directeur de
Libération en novembre 2008 et c'est une tentative supplémentaire, dans la volonté des pouvoirs en place, d'intimider, de museler les
journalistes.Le NPA ne saurait tolérer aucune atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d'information, ni aucune mesure d'intimidation vis-à-vis des journalistes. Il n'est
pas tolérable que la direction d'une chaîne de France Télévisions se livre à ce genre de pratique qui est un acte de soumision à Nicolas Sarkozy. Aussi, le NPA assure les
journalistes poursuivis de toute sa solidarité et est prêt à participer aux initiatives qui seraient décidées.



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