Partager l'article ! Heuliez: une tentative de sauvetage très politique: L'équipementier Heuliez, au bord du gouffre financier, ...
Heuliez,
c’est cet équipementier automobile basé à Cerizay dans les Deux-Sèvres dont les 1 000 employés craignent d’être laissés sur le
carreau pour cause de graves difficultés financières. En période de crise, noyés au milieu du flot de fermetures d’entreprises, les déboires de cette société auraient très bien pu passer
inaperçus. Sauf que l'entreprise est un des plus gros employeurs du secteur industriel en région Poitou-Charentes. Une bonne raison pour que sa présidente, Ségolène Royal, décide de s’emparer de l’affaire. Et quand l’ex-candidate à l’élection présidentielle
prend en main un dossier, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit même.
Ce que Royal ne dit pas sur Heuliez
Le sauvetage d'Heuliez serait donc une victoire de Ségolène Royal ? C’est plus compliqué. La dirigeante socialiste a raison de se battre pour préserver des emplois. Miser sur la
croissance verte pour relancer l’économie est une idée plus que louable. Ségolène Royal est tout à fait pertinente quand elle pointe du doigt les sommes énormes versées par l’Etat au
secteur automobile traditionnel et son désintérêt flagrant pour les projets visant à faire naître le véhicule de demain. Mais la société est très loin d’être sortie d’affaire.
D'autant plus que l’élu socialiste se garde bien de dire qu’Heuliez est avant tout un équipementier automobile « classique » avant d’être une de ces fameuses entreprises
innovantes auxquelles le FSI est censé apporter son aide. Sur ses 1 000 employés, tout au plus 10% travaillent sur la Friendly, cette voiture dont elle a décidé d’être l’ambassadrice. Une voiture dont la fabrication ne pourra pas être lancée, au mieux, que dans dix-huit
mois ! Et d’ici là, comment « occuper » les autres salariés ? L'accord liant Heuliez à Opel pour l’assemblage de sa Tigra touche à sa fin, Renault et PSA ne semblent pas
décidé à remplir son carnet de commandes...
D’ailleurs, un proche du dossier explique que c’est en partie pour cette raison que la demande présentée par Heuliez au FSI, en février, avait été refusée : « Le projet autour de la voiture électrique n’était pas satisfaisant. Et puis la société était en grande difficulté depuis deux à
trois ans. En fait, ils se sont tournés vers le FSI à deux mois du dépôt de bilan ! » Et toujours d’après cette source, le FSI n’apprécierait pas vraiment d’être appelé à
jouer les « pompiers » : « Ce n'est
pas son rôle ». On apprécierait d’ailleurs pas beaucoup plus « l’instrumentalisation » de
l’affaire Heuliez par les politiques. Mais d’ici trois à quatre semaines, le temps nécessaire pour trouver de possibles nouveaux investisseurs, on devrait savoir si cette « instrumentalisation » s’avère payante pour ses 1 000 salariés...
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