Partager l'article ! "Depuis cette semaine, la Guadeloupe intéresse de nouveau la métropole": Un direct de France Inter depuis Pointe-à-Pitre, vendredi 13 février, des ...
Pour Audrey Celestine, doctorante à Sciences Po, au CERI, dont les recherches portent sur les mobilisations collectives des Antillais en France, le côté "rocambolesque" du départ et du retour du secrétaire d'Etat a certainement pesé. Pour elle, les médias de métropole ont compris à ce moment-là que le conflit était loin d'être résolu et l'ont replacé dans un contexte de crise sociale plus générale. "Mais il se passait des choses en Guadeloupe depuis décembre", souligne-t-elle.
RÉVEIL TARDIF
Une mobilisation que les médias en métropole n'ont pas vu monter. Le 3 février, Lilian Thuram le déplorait dans un entretien au Monde : "Imaginez la même situation de crise dans toute autre région de France : je pense que cela attirerait davantage l'attention."
Au lendemain de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, le 6 février, François-Xavier Guillerm, le correspondant de France-Antilles à Paris, constate sur son blog que "les médias nationaux se désintéressent de l’outre-mer". Il cite Patrick Karam, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer, qui estime que si le président de la République n'a pas abordé la question de la Guadeloupe lors de son intervention, c'est parce que les journalistes ne l'ont même pas interrogé sur ce sujet.
"La responsabilité est partagée", estime Audrey Célestine, "ce n'est pas normal que les journalistes n'en aient pas parlé mais c'était un sujet suffisamment grave pour que Nicolas Sarkozy l'évoque de lui-même. Beaucoup de problèmes en métropole existent de manière plus aiguë dans les départements d'outre-mer".
Pour le rédacteur en chef de France-Antilles, Pascal Le Moal, "c'est forcément un plus pour la résolution du conflit d'avoir les projecteurs des grands médias métropolitains sur la Guadeloupe".
Derniers Commentaires